Soanavelandrazana, Madagascar
1. Description de notre APAC
Nous sommes la communauté de Soanavelandrazana, située dans la région d’Itasy, au cœur du Fokontany Ambohijatovo. Notre territoire comprend également trois villages voisins d’Amboniatsimo, de Manjaka et d’Andranonahoatra. Ici, nous vivons en harmonie avec la nature et nous nous
Notre communauté forme un groupe uni et responsable, conscient de l’importance de nos forêts, rivières et terres agricoles pour notre survie et notre bien-être. Aujourd’hui, nous comptons environ 405 habitants, composé de 201 hommes et 204 femmes. Notre vie quotidienne est profondément liée et dépendante de l’interconnexion avec notre territoire. Les ressources naturelles qui nous entourent ne sont pas seulement des sources de subsistance, elles structurent également nos pratiques culturelles et sociales.
Nos terres arables sont exploitées selon nos savoirs traditionnels transmis de génération en génération, à travers la culture du riz, de maïs, du manioc et des variétés de légumes. Notre mode de vie inclut également l’élevage, avec des porcs, des volailles et sans oublier les zébus, symbole culturel malgache, qui ont une importance à la fois économique, sociale et symbolique. Ces animaux participent aux rituels et fêtes communautaires, renforçant les liens sociaux et traduisant le respect de nos traditions. L’élevage complète notre système de subsistance, en fournissant des protéines, des fertilisants naturels pour nos cultures et un capital économique.
Par ailleurs, la plupart de nos femmes s’engagent dans des métiers traditionnels de vannerie, notamment la production artisanale de fil de soie sauvage. Ces activités ne sont pas seulement économiques, elles préservent un savoir-faire ancestral, renforcent la cohésion sociale et offrent une source d’autonomie aux femmes.
Ce qui rend notre APAC vraiment unique, ce sont nos forêts de tapia, arbres endémiques de Madagascar et qui couvre une surface de 129 hectares. Elles constituent une source précieuse pour le tissage de la soie, une source de médicament et renferme également le Borocera cajani ou landy be, qui est un insecte endémique pour la Grande-ile également. Nous disposons aussi plus d’une trentaine de plantes médicinales comme le talapetraka, le rambomboalavo, le ravintsara, le kininim-potsy, etc.

2. Notre histoire
Le nom « Soanavelandrazana » vient des forêts de tapia que nous protégeons depuis des générations. Le terme « Soanavelandrazana » signifie en effet « Biens hérités des ancêtres ». Et ces biens correspondent à la forêt de tapias. Jadis, nos ancêtres élevaient le ver à soie, une source de revenu essentielle, en organisant soigneusement les zones de tapia au sein du Fokontany Ambohijatovo. Dès 1900, la forêt de Tapia était partagée entre familles, délimitée par des signes traditionnels. Aujourd’hui, cet attachement aux tapias continuent, et nos générations actuelles s’efforcent de protéger cette ressource à travers l’engagement collectif de notre communauté. L’objectif de l’établissement de notre territoire de vie a toujours été clair : « protéger les ressources naturelles tout en garantissant la subsistance de notre communauté ». Nos ancêtres avaient compris que nos forêts, nos terres et nos rivières sont des biens communs vitaux pour l’alimentation, l’eau potable et les produits forestiers traditionnels.
3. Gouvernance communautaire de notre territoire de vie
La gestion de notre APAC repose sur un système communautaire participatif. Chaque membre de la communauté est impliqué dans la gouvernance du territoire.Chaque membre contribue à la protection des forêts, à la surveillance des rizières et tanety, et à l’entretien des infrastructures collectives comme les barrages et les bornes fontaines. Les décisions importantes concernant l’utilisation des ressources, la protection des espèces et les projets de développement sont prises lors de réunions communautaires, où le consensus et le respect des traditions ancestrales sont primordiaux. Cependant, nous avons le Vondron’Olona Ifotony (VOI) ou Communauté locale de Base, qui est formée par des volontaires issues de notre communauté et qui se charge de la surveillance du respect des règles liées à la protection des ressources naturelles dans notre territoire, principalement le tapia.
Chaque catégorie de personnes au sein de notre communauté est directement impliqué dans la gouvernance du territoire, c’est-à-dire les hommes, les femmes, les jeunes et les personnes en situation d’handicap. Cette implication renforce la responsabilité collective et assure que nos forêts, nos rivières et nos terres continuent de soutenir la communauté aujourd’hui et pour les générations futures.
4. Nos besoins et perspectives
Pour l’avenir, notre communauté souhaite renforcer la protection de nos forêts de tapia, étendre les zones de conservation tout en préservant nos pratiques agricoles et artisanales. Nous prévoyons également d’améliorer nos infrastructures, comme les barrages et bornes fontaines, pour mieux gérer l’eau. Nous visons à renforcer les capacités de notre VOI par des formations sur la gestion durable des ressources et le suivi écologique. Nous avons besoin de soutien juridique, technique, de ressources pour le suivi écologique et d’accompagnement pour développer des projets durables, afin de préserver notre environnement, notre culture et améliorer le bien-être de la communauté. Ainsi, nous restons pleinement déterminés à protéger notre APAC tout en développant des activités qui améliorent le bien-être de la communauté, renforcent notre autonomie et garantissent la pérennité de notre culture et de nos précieuses ressources naturelles.
Cette étude de cas a été initialement publiée par l’UNEP-WCMC en 02/26. Les informations sur ce site web a été fourni par les gardiens de cette APAC. L'APAC a été auto-déclarée et a fait l'objet d'un processus d'examen par les pairs pour vérifier son statut. Plus de détails sur ce processus peuvent être trouvés ici. Les informations sur ce site web ne reflète pas nécessairement les points de vue ou les politiques du Programme des Nations Unies pour l'environnement ou du UNEP-WCMC