Andranobe, Madagascar
1. Description de notre APAC
L’APAC d’Andranobe, située dans la Région Vakinankaratra couvre une mosaïque de lacs, de forêts et de terres agricoles. Notre territoire de vie s’étale sur une surface de 1500 ha dont 116ha correspondent à un lac et 28ha sont des forêts. L’APAC d’Andranobe est formé de dix-neux (19) villages dont Anjanamasy, Androhafarihy, Antsongolava, Mandrosohasina, Rarihasina, Antanety, Ambavarano, Ambohitsokina, Tsarafara I, Tsarafara II, Morafeno, Ambodifefy, Avarabohitra, Ambodifefy, Ambohitsokina I, Ambohitsokina II, Tsiafahy, Ambohilefoka et Maroparasy.
Depuis des années, notre communauté, formée de 1200 habitants a développé un mode de vie fortement attaché à nos traditions et à la gestion collective de notre territoire. Andranobe se distingue par sa combinaison de conservation de la biodiversité, de maintien des savoirs traditionnels et culturels, et de gouvernance communautaire forte, garantissant ainsi un équilibre entre conservation, moyens de subsistance et transmission culturelle.

2. Notre histoire
La création de notre APAC a débuté par un élément crucial qui est le lac d’Andranobe. Autrefois, 12 frères vivaient dans les alentours d’Andranobe. Le lac n’existait pas encore, mais il n’y avait juste que des prairies, rizières, source d’eau et barrages. Ces 12 frères se sont mis d’accord à mettre en place un autre barrage situé à Ambodirano nommé actuellement le village d’Ambohitsokina. L’eau s’y est accumulée, donnant naissance au lac. À l’origine, ils ont veillé sur le lac, qui demeure jusqu’à aujourd’hui un bien commun pour l’ensemble de la communauté. Ces frères envisageaient à y élever des poissons. Ces douze frères sont considérés comme les ancêtres de la communauté d’Andranobe. Ils ont alors considéré l’eau comme un bien communautaire du fait que chaque génération de ces 12 frères est considérée comme propriétaire. Au fil du temps, la population a continué de grandir, donnant naissance à de nouveaux villages. Ces générations ont formé les villages d’Ambohitsokina, Tsarafara, Avarabohitra et Andohafarihy . D’où le nom Andranobe, qui veut dire en malagasy « Eau de tous ».
Des évènements ont aussi marqué l’histoire d’Andranobe. En 1996, l’Association TAMIA ou TAtamo MIray an’Andranobe a été créé, en vue de renforcer le suivi des règlementations liées à la pêche au sein de notre communauté ainsi que la promotion de nos us et coutumes. En 2004, nous avons obtenu un contrat de transfert de gestion des ressources naturelles venant du Ministère de l’environnement. En 2008, notre communauté s’est regroupée en la Coopérative FIFIMPAVA qui a attiré d’autres associations à Vakinankaratra, incluant trois lacs dont Andranobe Andrefana, Andraikibakely et Tatamarina. Le principal objectif lors de la création était la conservation du lac et le maintien des pêcheries locales, afin de garantir la disponibilité durable des ressources pour la communauté.

3. Gouvernance communautaire de notre territoire de vie
Notre territoire de vie renferme une richesse en ressources naturelles rencontrées dans le lac et dans les forêts. Au sein du lac, nous disposons de 20 espèces de poissons environ. Concernant la flore, nous disposons des plantes médicinales qui sont utilisées au quotidien pendant plusieurs années par notre communauté, à travers nos connaissances traditionnelles. Notre communauté est active dans la protection de ces ressources car nous nous sentons propriétaires des éléments au sein de notre territoire de vie.
De ce fait, nous disposons des règles coutumières basées sur nos traditions et croyances. Notre objectif est de gérer durablement les ressources de notre territoire tout en promouvant notre identité communautaire. Toutes les décisions concernant notre territoire de vie sont prises en consultation avec l’ensemble de notre communauté afin de respecter nos tabous, nos pratiques traditionnelles et de permettre un consentement libre, préalable et informé.
Au fil des années, la gestion de l’APAC a permis de maintenir des moyens de subsistance durables pour les pêcheurs, agriculteurs et artisans ; de renforcer la cohésion sociale et le respect des savoirs traditionnels ; d’améliorer les revenus familiaux et de transmettre les valeurs culturelles et spirituelles aux jeunes générations.

4. Nos besoins et perspectives
Bien que notre gouvernance communautaire soit efficiente, nous identifions plusieurs priorités notamment des renforcements des capacités techniques pour le suivi écologique et l’analyse des données ; le soutien à la reconnaissance officielle des droits coutumiers et de la gouvernance communautaire ainsi que des partenariats pour des initiatives de développement durable et pour l’accès à des financements ou équipements (SIG, matériel de surveillance, formations).
En termes d’actions, nous envisageons de continuer la surveillance du respect des règlementations liées aux ressources naturelles dans notre territoire de vie pour garantir leur régénération ; de développer de nouveaux projets générateurs de revenus durables liés à la pêche, à l’agriculture et à l’artisanat, en respectant nos pratiques traditionnelles et de continuer nos engagements en matière de gestion durable de notre territoire de vie.
Cette étude de cas a été initialement publiée par l’UNEP-WCMC en 02/26. Les informations sur ce site web a été fourni par les gardiens de cette APAC. L'APAC a été auto-déclarée et a fait l'objet d'un processus d'examen par les pairs pour vérifier son statut. Plus de détails sur ce processus peuvent être trouvés ici. Les informations sur ce site web ne reflète pas nécessairement les points de vue ou les politiques du Programme des Nations Unies pour l'environnement ou du UNEP-WCMC