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Forêt sacrée Honhouévé de Dogbo Ahomey, Bénin

Français

[English below]

La description

La forêt sacrée Honhouévé de Dogbo Ahomey est une APAC au Bénin qui couvre 0,8 km2 et a plus de 1000 ans. La communauté Dogbo Ahomey se compose de 33 ménages et 122 personnes, qui y vivent en permanence.

Certains des principaux objectifs de l'APAC sont de protéger ses valeurs spirituelles et sacrées et de guérir les maladies grâce à l'utilisation de plantes médicinales, de prières et d'offrandes aux divinités. Les prières et les offrandes sont dirigées par la reine. La communauté souhaite également préserver sa culture et ses traditions, tout en préservant et en améliorant les ressources naturelles, en particulier en conservant les espèces rares. Et ils veulent développer des opportunités pour le tourisme.


Histoire et activités

Remontant dans l'histoire, Assouagonon était le fondateur du village de Dogbo Ahomey. C'était un chasseur d'Allada qui fuyait la guerre du Danhome avec son frère Dadjika, et ils s'étaient installés dans le village. Un jour, ils ont vu de la fumée au milieu d'une grande forêt, là où ils ne se seraient pas attendus à ce que les humains soient. Par curiosité, Assouagonon est allé seul dans la forêt et s'est retrouvé devant un couple étrange (une moitié du corps était noire et l'autre moitié était blanche). Le couple avait une calebasse pour une maison, qui s'est déroulée sur le sol pour la transporter. Le bruit de cette calebasse était "Dogbo Dogbo Dogbo". Assouagonon paniqua et voulut se retourner. Mais l'homme, nommé Assuihon, l'a appelé. Après un échange, Assouagonon a été invité à retourner au village avec son frère. Il est donc parti et a raconté cette histoire à tous ceux qui lui rendaient visite. Il disait "mia yi dogbo dogbo homè", ce qui signifie "allons à la maison" Dogbo Dogbo ". Et ainsi les noms Dogbo et Ahomè sont nés.

Assouagonon était chez lui un matin lorsqu'un homme nommé Honhoué est allé le voir. Honhoué avait généralement souffert du mépris de toutes ses familles d'accueil, mais il s'entendait bien avec Assouagonon qui s'occupait de lui dans sa maison. Honhoué a retrouvé une vie paisible malgré ses caprices. Il a remercié Assouagonon et sa famille pour l'hospitalité et a disparu dans la forêt. Assouagonon a trouvé une rivière dans la forêt, et a baptisé la rivière et la forêt Honhoué, les rendant sacrées. Et c'est de là que vient le nom de Honhouéve.

Au sein de l'APAC, il y a des zones où se trouvent des arbres de différentes tailles, ainsi que des buissons de panicum, qui sont des abris pour les divinités de la forêt. Il y a des lieux pour les divinités où les cultes ont lieu, ainsi que les guérisons, la résolution des conflits, les sacrifices, les cérémonies de pluie, les combats, les sorts, le culte et les offrandes. L'eau mystique au sein de l'APAC est utilisée par la reine pour soigner certains cas de maladie. Parfois, certaines plantes médicinales sont également utilisées par des dignitaires pour le traitement de maladies, mais uniquement après autorisation du comité de gestion de l’APAC et du roi. Le milieu marin est exploité en partie pour la pisciculture mais selon des règles bien définies.

Préservation

L'APAC est reconnue par les autorités locales par un décret communal, mais au niveau national, la communauté n'a pas de document officiel. De même, il est proposé comme aire protégée, mais la communauté n'a pas encore de document officiel. Le site a été reconginé en tant qu'APCA à travers le Projet d'Intégration des Forêts Sacrées dans le Système des Aires Protégées (PIFSAP) en 2012. Le PIFSAP vise à améliorer l'utilisation durable des aires d'importance mondiale dans et autour des Forêts Sacrées du Bénin en les intégrant dans le système formel d'aires protégées (AP), renforçant la protection juridique et institutionnelle et favorisant la cogestion communautaire de la forêt sacrée.

L'APAC abrite de nombreux types de flore et de faune. Certaines zones de la forêt sont sans arbres mais herbeuses avec des buissons de panic, alors que d'autres parties de l'APAC sont des zones humides. La faune est composée de mammifères (Grand rat canné, rat gambien et écureuils pour n'en nommer que quelques-uns), de reptiles (serpent Naja, pythons et vipères). Il existe également d'autres reptiles tels que le moniteur des eaux du Nil, le crocodile nain, le lézard Agama, les salamandres et les caméléons. Il existe également de nombreux crapauds et grenouilles. Il existe des espèces de poissons qui vivent dans les zones humides, notamment le poisson-chat et le tilapia. Des mollusques, des gastéropodes et des escargots géants sont également présents. En plus de ces ressources floristiques et faunistiques, la forêt regorge de divinités.


Gestion et gouvernance

Appartenant à la communauté et gouvernée par les communautés locales, l'APAC est également reconnue dans la législation infranationale (et non dans la législation nationale) et par d'autres communautés voisines. La communauté délègue un conseil d'administration, avec des décisions prises par un conseil des peuples autochtones, des communautés locales et des personnes âgées. Le comité de gestion local est mis en place par des membres de la communauté, avec le soutien du roi et de la reine.

La communauté est confrontée à des menaces telles que le déclin de la biodiversité, le changement climatique et la dé-légitimation des droits coutumiers. Les menaces ont été réduites grâce au soutien des ONG et à la mise en place et au renforcement du comité de gestion local.

Cette étude de cas a été initialement publiée par l'UNEP-WCMC en 03/21. Les informations sur ce site web a été fourni par les gardiens de cette APAC. L'APAC a été auto-déclarée et n'a pas encore fait l'objet d'un processus d'examen par les pairs pour vérifier son statut. Plus de détails sur ce processus peuvent être trouvés ici. Les informations sur ce site web ne reflète pas nécessairement les points de vue ou les politiques du Programme des Nations Unies pour l'environnement ou du WCMC.


English

Description

The Sacred Forest of Honhouévé in Dogbo Ahomey village is an ICCA that covers 0.8km2 and is over 1,000 years old. The Dogbo Ahomey community, who live there permanently, consists of 33 households and 122 people.

Some of the main objectives of the ICCA are to protect its spiritual and sacred values, and to cure diseases through the use of medicinal plants, prayers and offerings (which are led by the Queen) to the deities. The community also want to preserve their culture and traditions, while maintaining and improving natural resources, especially the conservation of rare species. It also wants to develop tourism opportunities.


History and Activities

Assouagonon was the historical founder of the village of Dogbo Ahomey. He was a hunter from Allada who was fleeing the Danhome war with his brother Dadjika when they settled in the village. One day they saw some smoke in the middle of a big forest, where they wouldn’t have expected humans to be. Out of curiosity, Assouagonon went into the forest alone and found himself in front of a strange couple, one half of their bodies was black and the other half white. The couple had a calabash (a type of gourd) for a home, which rolled along the ground to transport itself. The noise of this calabash was "Dogbo Dogbo Dogbo". Assouagonon panicked and wanted to turn around. But the man, named Assuihon, called out to him. After an exchange, Assouagonon was told to go back to the village with his brother. So he left, and told this story to anyone who visited him. He would say "mia yi dogbo dogbo homè", which means "let's go to the ‘Dogbo Dogbo’ house". And so the names Dogbo and Ahomè were born.

Assouagonon was at home one morning when a man named Honhoué went to see him. Honhoué had usually suffered contempt from all of his foster families, but he got on well with Assouagonon who looked after him in his house. Honhoué found a peaceful life despite his whims. He thanked Assouagonon and his family for the hospitality and disappeared into the forest. Assouagonon found a river in the forest, and baptised the river and the forest Honhoué’, making them sacred. And so this is where the name Honhouéve comes from.

Within the ICCA, as well having different sized trees there are panicum bushes, which are shelters for the deities. Healings, conflict resolution, sacrifices, rain ceremonies, combat, casting spells, worship and offerings are conducted at these shelters. The mystical water within the ICCA is used by the Queen to heal certain illnesses. Sometimes certain medicinal plants are also used by dignitaries to treat illnesses, but only following authorisation from the ICCA’s management committee and the King. The marine environment is exploited in part for fish farming but according to well-defined rules.


Conservation

The ICCA is recognised by local authorities through a communal decree. It is proposed as a national protected area, but the community does not yet have an official document. The site was reconginsed as an ICCA through the Project for Integration of Sacred Forests into the Protected Areas System (PIFSAP) in 2012. PIFSAP aims to improve the sustainable use of areas of global importance in and around the Sacred Forests of Benin. It does so by integrating them into the formal system of protected areas (PAs) thereby strengthening the legal and institutional protection, and by promoting community co-management of the sacred forest.

This ICCA is home to many different types of flora and fauna. Some areas in the forest are more grassy with panicum bushes, whereas other parts of the ICCA are wetland. The fauna is made up of mammals (e.g. Greater caned rat, Gambian rat, and squirrels to name a few) and reptiles (e.g. Naja snake, pythons and vipers). There are also other reptiles such as the Nile water monitor, the dwarf crocodile, Agama Lizard, Salamanders and Chameleons. There are also many Toads and frogs. Fish species live in the wetland areas, including catfish and Tilapia. Molluscs, gastropods and giant snails are also present. In addition to these flora and fauna resources, the forest is full of deities.


Management and Governance

Communally owned and governed by the local communities the ICCA is recognised in sub-national law and by other neighbouring communities. The community delegate decision-making to a governing council made up of indigenous peoples, local communities and elders. The local management committee is set up by members of the community, with the support of the King and Queen.

The community faces threats including biodiversity decline, climate change and de-legitimisation of customary rights. Threats have been reduced somewhat thanks to the support of NGOs, and the establishment and strengthening of the local management committee.


This case study was originally published by UNEP-WCMC in 03/21. The content was provided by the custodians of this ICCA. The ICCA has been self-declared and has not yet been through a peer-review process to verify its status. More details on this process can be found here. The contents of this website do not necessarily reflect the views or policies of UN Environment Programme or WCMC.